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Introduction


"De Stettin dans la Baltique jusqu'à Trieste dans l'Adriatique, un rideau de fer est descendu à travers le continent." Au lendemain de la Seconde guerre mondiale l’URSS du fait de son rôle décisif lors de la libération, profite d’un  énorme capital de sympathie de la part des autres pays. L’URSS devient alors un symbole de liberté et un modèle idéologique.   Ceci peut nous amener à nous demander pourquoi le destin de l’Union soviétique fût le contraire de celui qu’on lui avait prédit ? Nous verrons d'abord les années 1947-1953, lorsque Staline est au pouvoir, puis les années 1953-1968 après l'arrivée de Khrouchtchev, marquant un relâchement dans la censure.
Ces deux parties en plus de parler d'histoire, traiteront également de littérature avec les écrivains :  Alexandre Soljenitsyne, et  Varlam Chalamov.
Avec les autres membres de mon groupe nous traiterons de la propogande dans nos pays respectifs : ce sera notre thème commun.
Emma Tchokonte Kamga

I. 1947-1953 : LES ANNEES STALINE : l'apogée de la censure.


Joseph Staline

L’URSS de Staline est restée la même qu’en 1939, l’économie de guerre a désormais disparu, la planification ainsi que la collectivisation reprennent la place qu’elles occupaient. Le dictateur gouverne à nouveau d’une main de fer, et sa politique s’étend aux pays satellites de l’URSS. Désormais ce sont des dirigeants choisis par Moscou qui sont à la tête des pays satellites. Rappelons que Staline avoisine les 70 ans, et qu’avec la vieillesse augmente sa dureté. Le pays est plus que jamais plongé dans une profonde terreur. Les artistes ne sont pas épargnés, du fait du « jdanovisme artistique », faisant parti de la doctrine Jdanov et cherchant à créer une conception universelle de l’art qui serait pareille pour tous. Ce « jdanovisme artistique », pourrait être défini comme l’origine de la censure en URSS. Appliqué à la lettre par Staline, de nombreux écrivains sont censurés ou tourmentés. La poétesse Anna Akhmatova (Requiem et autres poèmes), en est victime et est exclue de l’Union des écrivains, le compositeur Chostakovitch (Leningrad) voit ses oeuvres critiquées. Un autre écrivain a également  subi la répression, cette fois-ci hors du « jdanovisme artistique » : Alexandre Soljénitsyne. Il fut envoyé au goulag en 1945 pour avoir critiqué Staline, son expérience lui inspira L’Archipel du Goulag et qui lui vaudra d’être expulsé d’URSS et déchu de sa nationalité.




" Si, aux intellectuels de Tchekhov qui passaient leur temps à essayer de deviner ce qu’il adviendrait dans vingt, trente ou quarante ans, on avait répondu que, quarante ans plus tard, dans la Sainte Russie, on torturerait les inculpés pendant l’instruction, on leur comprimerait le crâne à l’aide d’un cercle de fer, on les plongerait dans des baignoires d’acide, on les attacherait nus pour les livrer en pâture aux fourmis ou aux punaises, on leur enfoncerait dans l’anus une baguette à fusil chauffée à blanc sur un réchaud (opération du 'marquage secret'), on leur écraserait lentement les organes génitaux sous la semelle des bottes, et, en guise de traitement le plus bénin, on leur infligerait pendant une semaine d’affilée le supplice de l’insomnie et de la soif tout en les battant jusqu’à ce que leur chair ne soit plus qu’une bouillie sanglante, aucune des pièces de Tchekhov ne serait arrivée jusqu’à son dénouement et tous leurs héros auraient pris le chemin de l’asile." (tome 1, p.78).
Ici Soljénistyne dénonce les horribles traitement infligés aux prisonniers du Goulag. Des punitions inimaginables pour les intellectuels russes vivant il y a quelques décénies, faisant de l'URSS un pays arrièré, et brutal, où règne la peur.
L’URSS de Staline est également marquée par le culte de la personnalité rendue possible par la propagande. Le culte atteint son paroxysme, lorsque le « Petit père du peuple » fête ses 70 ans en 1949 lors d’une grande cérémonie. Il meurt d’une attaque cérébrale quatre ans plus tard.


Staline représenté comme le petit père du peuple

Emma Tchokonte Kamga

II. 1953-1968 : LA DESTALINISATION : naissance de la liberté d'expression ?


Nikita Khrouctchev

C’est Nikita Khrouchtchev qui succède au « Petit père du peuple » en 1953. Très vite il met en place la déstalinisation. Cette opération consiste à mettre fin à la terreur stalinienne et au culte de la personnalité de l'ancien dirigeant. Voici cinq dates importantes de cette période :
  • 10 mars 1953 : arrestation de Beria (chef de la police sous Staline)
  • Juillet 1953 : Khrouctchev devient premier secrétaire du Parti.
  • 1954 : Réorganisation de la police politique. Création du KGB.
  • Février 1957 : Réhabilitation des déportés de Staline.
  • 1961 : Les effigies et nom de Staline sont retirés des lieux publics. Stalingrad devient Volgograd, et la dépouille de Staline est retirée du mausolée de la place rouge (où se trouve Lénine).
La réhabilitation des déportés permet à Soljénitsyne de revenir du Goulag, il raconte son exéprience dans Une Journée d’Ivan Dessinovitch. On suit ce prisonnier lors d’une journée habituelle : c’est l’hiver et Chouklov doit se lever à cinq heures du matin pour travailler. Les scènes décrites sont dures, et le froid est omni-présent, on comprend d’ailleurs sa puissance lorsqu’on nous dit « Il ne sentait plus ses mains. Pour les réchauffer il les plongea dans l’eau froide ». Les conditions de travail son si rudes que Chouklov rêve d’ « attraper le mal pour deux semaines ou trois », afin de pouvoir aller à l’hôpital. Ce livre est le premier ouvrage de Soljénitsyne, il commence à l’écrire dans les années 50 (à l’époque où se déroule l’histoire), alors que lui-même est au Goulag. 
Alexandre Soljénitsyne

C’est Nikita Khrouchtchev lui-même qui permet la publication de ce livre en 1962, dans la revue littéraire Novy Mir. C’est une véritable première, aucun témoignage du Goulag n’a jamais été publié avant. Viendront beaucoup plus tard les Récits de la Kolyma décrivant également la vie au Goulag. Lui-même y avait été envoyé pour avoir contesté le pourvoir de Staline.



" Des centaines de gens répétaient tous le même mot dans un chuchotement : les queues. Un chef plein de sagesse, connaissant la psychologie des détenus, avait ordonné de distribuer en même temps soit les têtes, soit les queues de harengs. On a bien souvent discuté des mérites respectifs des unes et des autres: les queues, semblait-il, contenaient plus de chair, mais les têtes, elles, donnaient bien plus de plaisir. Le processus d'absorption de la nourriture durait le temps de sucer les ouïes, de ronger l'intérieur. Le poisson nettoyé était loin de faire l'unanimité car on le préférait avec les arêtes et la peau. Mais le regret que ce ne fût pas des têtes, ce jour-là, ne dura qu'un instant et disparut: les queues, c'était une réalité, un fait. De plus, le plateau se rapprochait, et avec lui le moment le plus angoissant: quelle serait la taille du morceau qu'on aurait? Car il n'était bien sûr pas possible de le changer, pas plus que de protester. Tout était entre les mains de la chance, une des cartes de ce jeu contre la faim. La personne qui coupe les portions de hareng sans y faire attention ne comprend pas toujours - ou a simplement oublié - que dix grammes de plus ou de moins, dix grammes évalués à l'oeil, peuvent conduire à un drame, sanglant quelquefois. Quant aux larmes, il est inutile d'en parler. Les larmes sont fréquentes; tout le monde les comprend, et on ne se moque pas de ceux qui pleurent.  "

Ce livre nous permet avec Une Journée d’Ivan Dessinovitch que le Goulag fut vécu de la même manière pour tout le monde, on y retrouve « l’hôpital tant désiré » ainsi que les traumatismes des détenus dont la fragilité psychologique est telle, qu’ils peuvent pleurer pour du hareng : « Les larmes sont fréquentes; tout le monde les comprend, et on ne se moque pas de ceux qui pleurent ». La manière de manger, est également la même dans les deux récits, bien que dans le premier Chouklov mange du pain, et dans le deuxième les prisonniers mangent du hareng, les deux livres nous disent que la façon de manger est très différente de celle que l'on avait avant (c'est à dire quand on était libre), que désormais on suçote petit morceaux par petits morceaux la nourriture et que l'on se concentre sur la sensation que l'on a dans la bouche, conscient que ce maigre repas est tout ce qu'on aura à manger.
Bien que Krouchtchev essaye de « déstaliniser » l’URSS, la propagande n’en reste pas moins grande, en effet comme au temps de Staline il y a une peur de contamination idéologique qui pourrait ruiner le système communiste.


Emma Tchokonte Kamga

Conclusion


L’URSS eût un destin contraire à celui prédit par tous car craignant une contamination idéologique, une forte censure fut très vite mise en place, notamment lors des années Staline, également lors des années Khrouctchev, mais ces dernières furent beaucoup plus marquées par l’avènement de la propagande. 

Emma Tchokonte Kamga